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L’Intégrale Dietrich BUXTEHUDE

 Volume 1 : Orgue Arp Schnitger de Saint-Jacobi de HAMBOURG (Allemagne), SYRIUS 141347
Volume 2 : Orgue historique de la Cathédrale de ROSKILDE (Danemark), SYRIUS 141348
Volume 3 : Orgue Schnitger/Freijtag de NOORDBROEK (Pays-Bas), SYRIUS 141359
Volume 4 : Orgue Donat de LUCKAU (Allemagne), SYRIUS 141366
Volume 5 : Orgue Christian-Vater de MELLE (Allemagne), SYRIUS 1413

 

Avec le volume 5 s’achève l’intégrale Buxtehude entreprise en 1999 par Helga Schauerte. Outre la constante qualité de l’interprétation, l’un de ses points forts tient au choix des orgues, certains en première au disque.


Gravé sur l’insurpassable Schnitger/Ahrend de Hambourg, le volume 1 offre un condensé des atouts de Schauerte : une flamme omniprésente, non seulement dans les pièces libres d’inspiration fantasticus (virtuoses et accomplies et cependant presque surpassées en intensité par les développements fugués sur notes répétées ou en consort), mais aussi dans les chorals ; partout une séduisante acuité rythmique, vibrante et jamais systématique ni mécanique ; une articulation et un toucher dansant spontanément lyrique ; une exaltation de la forme et de la structure, décuplée et solidement maîtrisées à travers la mise en timbres, source inépuisable de perspectives sonores puissamment imaginées et qui tiennent l’auditeur en haleine.


Autre moteur de cette intégrale ; le bonheur manifeste qu’éprouve l’interprète à jouer cette musique saisissante mais chaleureuse, bonheur qui s’entend et se communique. A chaque orgue correspond un programme mixte en rapport avec la foi : Stylus fantasticus et chorals de Luther à Hambourg ; Nativité et Magnificat à Roskilde ; Lob und Dank (louange et action de grâces) à Noordbroek (près de Groningen) ; péché et mort autour du thème de la Totentanz (danse macabre) et de la vanitas à Luckau (au sud de Berlin – le plus ancien des grands instruments historiques de la Marche de Brandebourg) ; Bitten und Beten (supplicaton et prière) à Melle (près d’Osnabrück – formidable reconstruction)


De la Hollande à la Basse-Saxe, de la Prusse au Danemark, les couleurs varient sensiblement mais pour une image harmonieuse de l’œuvre une et sans cesse renouvelée du grand Danois de Lubeck, même si les genres abordés sont assurément moins nombreux et diversement traités que par la suite chez Bach. Une très belle intégrale, unique pour ce qui est du panorama instrumental, de première grandeur.

Source: DIAPASON, novembre 2002 (Michel Roubinet) transmis par Helga Schauerte