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J. S. Bach, Partita BWV 766

PETITE LEÇON DE MUSIQUE : J. S. Bach, la Partita BWV 766 interprétée par Helga Schauerte (SYRIUS 1451428)
 


Le 3ème volume de l’intégral pour orgue de J. S. Bach est le troisième et dernier volet des œuvres de jeunesse, œuvres composées avant la période de Weimar (1708). A l’instar des deux volumes précédents (SYRIUS 141387 et 141400) enregistrés sur les orgues de Pontaumur et d’Arnstadt, le programme de ce 3ème volume réunit des pièces libres, des chorals et une partita. L’influence des précurseurs de J. S. Bach, comme Pachelbel, Böhm et Buxtehude est flagrante.
 

Le terme « Partita » signifie une série de variations. Composée entre 1702 et 1707, la Partita BWV 766 (la plage 16 du Cd) reflèt bist der helle Tag. Provenant de l’hymne latin Christe qui lux es et dies le texte de ce cantique constitue une prière du soir. Devant l’angoisse de la nuit, symbole du Mal, cette prière implore la protection de D-ieu.

Regardons comment la musique des sept variations reflète l’esprit des paroles de chaque strophe:

 

1. Christ, toi qui es la clarté du jour, devant toi la nuit ne peut subsister. Tu nous apportes la lumière du Père et tu en es le prédicateur.
Harmonisé à quatre voix le chant est présenté de manière simple sur le Principal 8 et la Gambe 8.
 

2. O Seigneur Dieu, préserve-nous en cette nuit de l’ennemi méchant afin que nous nous reposions paisiblement en toi et à l’abri de Satan.
Dans la forme d’un Bicinium (pièce à deux voix) la mélodie, jouée sur la Trompette, est fragmentée par des effets d’écho. La supplication exprimée dans la dernière période pour obtenir la protection de Dieu est prolongée par la reprise inlassable des quatre notes répétées initiales de la phrase conclusive « et à l’abri de Satan »
 

3. Même si les yeux s’endorment, fais que le cœur reste éveillé. Étendes sur nous ta main droite pour que nous ne tombions pas dans le péché et la honte.
La mélodie du cantique est contournée par un motif moteur en ostinato qui croise toutes les voix et qui appelle à la vigilance, appel exprimé dans le texte. La variation est jouée sur Lieblich Gedackt 8 et Fledouse 4.
 

4. Nous te prions, Seigneur Jésus-Christ : protège-nous de la ruse du Diable qui toujours attire notre âme afin qu’il n’ait sur nous aucun pouvoir.
Écrite à trois voix la variation parvient à faire entendre en finesse le cantus firmus contre la ruse de Satan qui est évoqué par le texte. La variation est jouée sur deux claviers avec la voix supérieure sur Lieblich Gedackt, Fledouse et Quinta, les voix inférieures sur le Bourdon et Gemshorn.
 

5. Nous sommes donc les héritiers de ton bien, acquis grâce à ton saint sang. C’était du Père éternel le dessein puisqu’il nous a dédies à toi.
Le chant au ténor est accompagné par un motif obstiné qui traverse toutes les voix.

6. Ordonne à l’Ange de venir nous secourir, nous qui t‘appartiennent ; Accorde-nous ces bons gardiens pour que Satan nous laisse en paix.

La sixième strophe met en scène la venue de l’Ange évocateur de la lumière éternelle. Bach traite cette variation en forme ternaire de 12/8. La clarté et la tranquillité de la lumière de l’au-delà s’illustre dans le registre aigu de la Fledouse 4 avec Tremblant.

 

7. Ainsi nous dormirons sous ta protection, les anges étant auprès de nous. Toi, Sainte Trinité, nous te louons pour l’éternité.
Jouée sur Gedackt 8 et Tremblant cette dernière variation, en arpèges, renferme le cercle du jour passant à la nuit, d’Alpha et Oméga. La mélodie est renforcée à la pédale par l’Octav Bass. L’inlassable reprise des notes répétées (cf. la variation 2) affecte sur les paroles « nous te louons ».
Symbolisant le déroulement cyclique de la lumière la progression de cette Partita construite en arsis - thesis se reflète dans le choix de la registration des sept variations en crescendo- decrescendo.
 

Article© Helga Schauerte
PS:Avec l'aimable autorisation de Bernard Neveu; Prise De Son Bernard Neveu; Interprétation: Helga Schauerte(Orgue)

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