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Albinoni : Adagio - Jean Chretien Bach : Concertos - Franz Xavier Brixi : Concerto pour Orgue N°3

Frédéric PéLASSY, Violon I

EVAN ROTHSTEIN, VIOLON II
FLORENT AUDIBERT, VIOLONCELLE
HELGA SCHAUERTE, ORGUE
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SYRIUS 141398 Sound By Bernard Neveu

*Johann Christian Bach Concerto in B: Allegro 1735 – 1782 Concerto in F: Allegro Concerto in Es: Allegro

*Joseph Haydn Concerto in C (Hob.: XVIII: 10): 1732 -- 1809 [Moderato] Adagio Allegro

*Franz Xaver Brixi Orgelkonzert Nr. 3 in D: 1732 – 1771 Moderato Adagio/Andante Presto. Premier enregistrement /First recording /Erstaufnahme

*Antonin Dvorak Malickosti (Bagatelles) op. 47: 1841 -- 1904 Allegretto scherzando Tempo di minuetto. *Grazisoso Allegretto scherzando Canon. Andante con moto Poco Allegro

*Celèbre Adagio d’Albinoni Remo Giazotto: Adagio in sol minore su due spunti tematici e su 1910 – 1989 un basso numerato di Tomaso Albinoni Arr. pour 2 violons, violoncelle et orgue : Helga Schauerte


Per due violini, basso ed organo


Traditionnellement désigné en Allemagne comme “Kirchentrio” (Trio d’Eglise) cette formation de deux violons, violoncelle et orgue (quatre musiciens) se réalise dans une écriture pour trois parties : deux dessus concertants et une partie de basse (chiffré). Exécutée par le violoncelle la basse se trouve doublée par l’orgue qui complète en même temps l’harmonie. Destinées à la liturgie des Offices les « Sonates d’Eglise » se jouaient suivant la tradition italienne de la Sonata all’Epistola entre les lectures de l’Epître et de l’Evangile.


A la fin du 17e siècle les deux types de sonates, la sonata da chiesa et la sonata da camera, évoluent vers un principe qui caractérise la forme d’un seul mouvement que l’on appelle alors un mouvement en forme sonate. Ce mouvement comprend une première partie dite exposition, qui, modulant vers le ton de la dominante, s’enchaîne à une seconde partie plus audacieux de développement et conclue avec une réexposition de la première partie dans le ton initial. C’est cette forme sonate qui gère les pièces concertantes de ce Cd.


Si l’on compare les trois Concerti à Organo con 2 Violini é Basso de Jean Chrétien Bach (1735 – 1782), le plus jeune des fils de Bach, aux célèbres Kirchensonaten que Wolfgang Amadeus Mozart a composées à titre de divertissements pour les offices de la Cathédrale de Salzbourg, la partie soliste de l’orgue s’avère ici grandement plus éloquent. Répondant au principe du dialogue tutti-soli, écrit dans un style qui favorise la simplicité et la « chantabilité », le concerto pour soliste de Jean Chrétien Bach se situe à mi-chemin entre les Cantates concertantes de son père et les concertos pour piano de Mozart. Edités à Londres dans une version complétée par deux hautbois et cors ad libitum, les trois Allegro de ce Cd font également partie des six concertos opus 12 et 13, qui sont destinés «for the harpsichord, or piano-forte, with accompaniments for two violins and a bass ». En dépit de leur simplicité les trois concertos pour orgue se distinguent par un climat varié, conjuguant la gaieté, la finesse, la délicatesse et la sobriété. Rappelons le jugement que Léopold Mozart porta à la musique de celui que son fils déplorera au moment de sa disparition comme une grande perte pour le monde de la musique : « Ce qui peut paraître petit est grand, puisque c’est fait avec naturel et limpidité Il est infiniment plus difficile de composer de cette manière au lieu d’inventer des artifices harmoniques extraordinaires qui restent néanmoins incompréhensibles et des mélodies inchantables. »


Les concertos pour orgue de Joseph Haydn (1732 -1809) et de Franz Xaver Brixi (1732 – 1771), tous deux nés en la même année, comportent, comme à l’habitude dans ce genre, trois mouvements (vif – lent –vif). Le premier mouvement suit la forme sonate, le second met en valeur des possibilités expressives du soliste, et le finale se déroule souvent en forme ritournelle. Mis à part l’introduction et la conclusion orchestrales les dialogues entre le soliste et l’orchestre chez Haydn et Brixi sont plus immédiats et plus brefs que celles de Jean Chrétien Bach. L’orgue s’intègre ici d’avantage dans le tissu orchestral et tend à abandonner l’opposition caractéristique à la musique baroque. Le concerto de Brixi, organiste et maître de chapelle à Prague, nous est parvenu dans une copie datant d’environ de l’année 1800 qui se trouve actuellement à la Bibliothèque nationale à Berlin. Restée inédite jusqu’en 2004 cette œuvre est probablement présenté ici pour la première fois aux discophiles.


Les Bagatelles op. 47 pour trio à cordes et harmonium d’Antonin Dvorak (1841 – 1904) furent écrites entre le 1er et le 12 mai 1878 au même moment que les Danses Slaves. Elles étaient destinées au cercle de musiciens se réunissant régulièrement chez le musicologue Josef Srb-Debrnov, dédicataire de ces pièces. Le choix de l’harmonium comme instrument à clavier s’imposait par les possibilités restreintes du salon Debrnov. L’utilisation du pianoforte éventuelle sera signalée sur la première édition de l’oeuvre. Mais avant la parution de la version originale en 1880, l’éditeur Simrock à Berlin publie déjà une version pour piano à quatre mains arrangée par Josef Zubaty. Dans le présent enregistrement la partie, très modeste, de l’harmonium est assurée par l’orgue. Evitant rigoureusement la forme sonate, c’est le retour et la transformation du thème principale dans les mouvements impairs qui sert comme fil conducteur au déroulement de ces miniatures.


Le célèbre Adagio d’Albinoni compte parmi les œuvres dont l’origine est très peu connue. Il s’agit d’une réalisation, datant de 1945, du musicologue italien Remo Giazotto (1910 – 1989) pour orchestre à cordes et orgue d’un fragment de musique du violoniste et compositeur venetien Tomaso Albinoni (1671 – 1751) emprunté probablement de l’une de ses sonates en trio perdues. Ce Cd propose une nouvelle version de cette pièce pour deux violons, violoncelle et orgue, arrangée par Helga Schauerte.

Texte : Helga Schauerte
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English Translation
Per due violini, basso ed organo

Traditionally referred to in Germany as “Kirchentrio” (Church Trio), this ensemble of two violins, cello, and organ (four players) is actually realized by composing three parts: two solo upper parts and a figured bass line. The bass line is played both by the cello and the organ, which also fills in the harmony. Destined for use during the liturgy, the “Church sonatas” were played according to the Italian tradition of the Sonata all’Espistola between readings of the Epistles and the Gospel.


At the end of the 17th century the two types of sonatas, the sonata da chiesa and the sonata da camera evolved toward the principal that characterized the one movement form called thereafter a sonata form movement. This movement included a first part called exposition, which, modulating to the dominant, was followed by a more audacious second part (development) and concluded with a reexposition of the first part in the tonic key. It is this sonata form which is represented by the pieces on this CD.


If one compares the three Concerti a Organo con 2 Violini e Basso by Johann Christian Bach (1735-1782), the youngest of Bach’s sons, to the famous Kirchensonaten which Wolfgang Amadeus Mozart composed as entertainments for the services at the Cathedral of Salzbourg, it seems that the organ part is much more grandly eloquent. Making use of tutti-soli dialogue and written in a cantabile style, the concertos of J.C. Bach are situated halfway between the concertant cantatas of his father and the concertos for piano of Mozart. A version which included two oboes and horns ad libitum was published in London, and the three concertos on this CD are to be found as well among the six concertos Opus 12 and 13, which were written “for the harpsichord, or piano-forte, with accompaniments for two violins and a bass.” In spite of their simplicity the three concertos for organ are distinguished by a varied atmosphere, bringing together joy, finesse, delicacy, and sobriety. At the time of J.C. Bach’s death, which Mozart deplored as “a great loss for music”, Wolfgang’s father Leopold Mozart left this appreciation of Bach’s music: “That which seems small in great, since it is done with naturalness and limpidness. It is infinitely more difficult to compose in this manner instead of invent in extraordinary harmonic artifices, which remain incomprehensible, and melodies which are unsingable.”


The concertos for organ of Joseph Haydn (1732-1809) and Franz Xavier Brixi (1732-1771), both born in the same year, include, as was habitual in the genre, three movements (fast-slow-fast). The first movement is in sonata form, the second stresses the soloist’s expressive possibilities, and the finale is often in a ritornello form. Not including the introduction and orchestral conclusions, the dialogues between soloist and orchestra in Haydn and Brixi are more immediate and shorter than those of Johann Christian Bach. The organ here is more integrated into the orchestral texture and tends to abandon the characteristic oppositions of baroque music. The concerto by Brixi, organist and Kappelmeister in Prague, comes to us through a copy dating from about 1800 which is presently in the National Library in Berlin. Unpublished until 2004, this work is probably recorded here for the first time.


The Bagatelles opus 47 for string trio and harmonium of Antonin Dvorák (1841-1904) were written between the 1st and the 12th of May 1878, at the same time as the Slavonic Dances. They were intended for the circle of musicians who met regularly at the home of the musicologist Josef Srb-Debrnov, to whom the pieces are dedicated. The choice of the harmonium as the keyboard instrument was necessitated by the restricted possibilities of Debrnov’s salon. The eventual use of the piano was implied in the first edition. But before the appearance of the original version in 1880, the editor Simrock in Berlin had already published a version for piano four hands arranged by Josef Zubaty. In the present recording the very modest harmonium part is played by the organ. The sonata form is rigorously avoided in this work, and it is the return and transformation of the principal theme in the odd numbered movements which serve as the unifying element for these miniatures.


The famous Albinoni "Adagio" is one of those pieces about whose origins we actually know very little. It is in fact an arrangement, dating from 1945 by the Italian musicologist Remo Giazotti (1910-1989), for string orchestra and organ of a fragment of music by the Venetian violinist and composer Tomaso Albinoni (1671-1751), probably borrowed from one of his lost triosonatas. This CD proposes a new version of the piece, adapted by Helga Schauerte for two violins, bass, and organ.

English Translation: Evan Rothstein
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Deutsche Übersetzung

Per due violini, basso ed organo


Die allgemein in Deutschland als “Kirchentrio” bekannte Besetzung per due violini, basso ed organo (vier Musiker) verbindet kompositorisch drei unabhängige Elemente: zwei solistische Oberstimmen und einen (bezifferten) Bass. Die vom Cello ausgeführte Bassstimme wird von der Orgel unter Vervollständigung der Harmonie verdoppelt. Als kirchenmusikalische Einlagen wurden die so genannten Kirchensonaten in der italienischen Tradition als Sonata all’Epistola zwischen Epistel und Evangelium vorgetragen.


Gegen Ende des 17. Jahrhunderts entwickelte sich aus den beiden mehrsätzigen Sonatentypen der sonata da chiesa und der sonata da camera ein einsätziger Sonatensatz, den man als Sonatenhauptsatzform bezeichnet. Der Satz besteht aus einem Einleitungsteil, Exposition genannt, der zur Dominante moduliert, aus einem harmonisch kühneren Durchführungsteil und aus der Reprise, die das Stück in der Tonikatonart beschliesst. Die konzertanten Werke dieser Cd folgen diesem Schema.


Vergleicht man die Concerti à Organo con 2 Violini é Basso von Johann Christian Bach (1735 – 1782), dem jüngsten der Bach Söhne, mit den berühmten Kirchensonaten, die Wolfgang Amadeus Mozart als Divertimenti für die Gottesdienste des Salzburger Doms geschrieben hat, so erweist sich der im konzertanten Stil komponierte Orgelpart der Bachschen Werke als wesentlich ausdrucksvoller. Im Wechsel von Tutti-Soli Teilen, in einem einfachen und kantablen Stil geschrieben, schlagen die Solokonzerte von Johann Christian Bach ein Brücke zwischen den konzertanten Kantatensinfonien seines Vaters und den Mozartschen Klavierkonzerten. Die hier eingespielten drei Allegros existieren ebenfalls in zusätzlicher ad libitum Begleitung von 2 Oboen und 2 Hörnern in einer Fassung für Cembalo oder Pianoforte, die als Teil von opus 12 und 13 in London verlegt worden sind. Trotz ihrer Schlichtheit unterscheiden sich die drei Orgelkonzerte im Ausdruck, indem sie Fröhlichkeit, Anmut, Finesse und Mässigkeit miteinander verbinden. Man erinnere sich an das, was Leopold Mozart über Johann Christian Bach bemerkt hat, dessen frühen Tod sein Sohn Wolfgang als einen grossen Verlust für die Musikwelt angesehen hat: “Das Kleine ist gross, wenn es natürlich fliessend und leicht geschrieben und gründlich gesetzt ist. Es so zu machen ist schwerer als alle die meisten unverständlichen künstlichen harmonischen Progressionen und schwer auszuführenden Melodien.”


Die Orgelkonzerte der beiden im gleichen Jahr geborenen Komponisten Joseph Haydn (1732 – 1809) und Franz Xaver Brixi (1732 – 1771) bestehen wie allgemein üblich aus drei Sätzen (schnell – langsam – schnell). Der erste Satz ist in Sonatenhauptsatzform geschrieben, der zweite hebt die lyrischen Ausdrucksmöglichkeiten des Solisten hervor, der letzte Satz nimmt vielfach die Rondoform an. Abgesehen von den ausschlieβlich vom Orchester gestalteten Rahmenteilen sind die Wechsel zwischen Solist und Orchester bei Haydn und Brixi unmittelbarer und kurzatmiger als bei Johann Christian Bach. Die Orgel ist hier stärker in den Orchesterpart integriert und der für die Barockzeit charakteristische Gegensatz ist abgeschwächt. Das Konzert in D-Dur von Brixi, der in Prag als Organist und Kappelmeister wirkte, ist in einer um 1800 entstandenen Abschrift überliefert, die zurzeit in der Deutschen Staatsbibliothek in Berlin aufbewahrt wird. Das bis zum Jahre 2004 unveröffentlicht gebliebene Werk liegt vermutlich hier als Ersteinspielung vor.


Die Bagatellen op. 47 für zwei Violinen, Cello und Harmonium von Antonin Dvorak (1841 – 1904) entstanden zwischen dem 1. und 12. Mai 1878 zur gleichen Zeit wie die Slavischen Tänze. Sie waren für den kleinen Kreis von Musikliebhabern geschrieben, der sich regelmässig bei dem Musikschriftsteller Josef Srb-Debrnov, dem Widmungsträger der Stücke zusammenfand. Die Wahl des Tasteninstruments erklärt sich dadurch, dass in der Wohnung des Gastgebers nur ein Harmonium zur Verfügung stand. Auf die Möglichkeit ein Klavier zu benutzen wird bereits in der Erstausgabe verwiesen. Aber noch vor Erscheinen der Originalversion im Jahre 1880 hat der Berliner Verleger Simrock eine von Josef Zubaty erstellte Bearbeitung der Stücke für Klavier zu vier Händen herausgegeben. In der vorliegenden Einspielung wurde der bescheiden gehaltene Harmoniumpart von der Orgel ausgeführt. Die Sätze vermeiden die sonst für Kammermusikwerke typische Sonatenform, der logische Zusammenhang der fünf Stücke ergibt sich durch die Wiederkehr bzw. Transformation des Hauptthemas in den ungerade numerierten Sätzen.


Das sogenannte Adagio von Albinoni gehört zu den berühmten Stücken, deren Ursprung im Dunkeln liegt. In der Tat handelt es sich um die Bearbeitung des italienischen Musikwissenschaftlers Remo Giazotti (1910 – 1989) aus dem Jahre 1945 für Orgel und Streichorchester eines Musikfragmentes des Venedischen Geigers und Komponisten Tomaso Albinoni (1671 – 1751), das vermutlich aus einer seiner verlorengegangenen Triosonate stammt. Diese Einspielung stellt erstmalig eine von Helga Schauerte erstellte neue Bearbeitung des Stückes für zwei Violinen, Cello und Orgel vor.

Text: Helga Schauerte