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Integrale de l’Œuvre d’orgue Volume 12

<===Ref:Syrius 141487-Orgue Historique de Floh-Seligenthal-Sound Bernard Neveu
Johann Sebastian BACH : Intégrale de l’Œuvre d’orgue (Vol. 12)-Orgue Helga Schauerte     


      En 1739, J. S. Bach fit graver une collection de vingt-sept pièces d’orgue sous le titre: Troisième Partie de la Clavier Übung se composant de divers Préludes sur les cantiques du catéchisme et autres chants, pour l’orgue: Aux amateurs, et surtout aux connaisseurs de tels travaux, pour la recréation de leur esprit, rédigée par Johann Sébastian Bach, Compositeur de la Cour du Roi de Pologne et du Prince Electeur de Saxe, Capellmeister et Director Chori Musici à Leipzig. Edité par l’Auteur. Le recueil contient vingt-et-un chorals et six pièces libres. Pour chacun des chorals il y a une version avec pédale et une version sans pédale.

     
      A la suite du volume XI (chorals et pièces libres pedaliter) le présent volume XII de l’intégrale Bach réunit exclusivement les pièces manualiter du recueil. Les chorals-préludes sont complétés par les harmonisations à 4 voix, qui proviennent de la collection Joh. Seb . Bachs vierstimmige Choralgesänge, éditée à titre posthume par Joh. Phil. Kirnberger et Carl Philip Emmanuel Bach. Les préludes sur le Kyrie, le Gloria, le Credo, le Pater noster allemands suivis par les cantiques qui se rapportent au baptême, à la confession des péchés et à la Sainte-Cène sont dans le même ordre que celui du catéchisme luthérien. La plupart de ces courts arrangements traitent l’énoncé du cantique dans une forme fuguée. Seuls les préludes sur « Aus tiefer Not » et « Jesus Christus, unser Heiland » sont bâtis sur l’air entier du cantique.

     
      Dans tous les chorals-préludes, comme dans les quatre Duettos qui, dans le déroulement du programme enregistré, encadrent et sectionnent le Kyrie et le Gloria allemands, ainsi que les six chorals du catéchisme, J. S. Bach fait preuve d’une maîtrise suprême du contrepoint. La complexité de son style tardif prioritairement linéaire est jugée excessive par ses contemporains. On accuse le compositeur de mettre dans ses pièces de l’enflure et de l’obscur voire trop d’austérité par trop de complexité contrapuntique.

     
      Il est vrai qu’après 1740 Bach s’intéresse de plus en plus aux œuvres théoriques, à la technique d’écriture la plus rigoureuse et la plus mathématique. Dans Quelques Variations canoniques sur le cantique de Noël « Vom Himmel hoch, da komm ich her » (plages 2 à 6) qu’il a pris soin de faire graver à Nuremberg vers 1747, il se livre à une démonstration technique et stylistique du contrepoint sévère. Dominant et se limitant strictement à la matière que lui donne le cantus firmus, le compositeur est animé par une soif de la construction linéaire, de la structure superposée, du procédé d’augmentation et de diminution rythmiques, de la géométrie musicale et de l’architecture des proportions. A l’instar de l’autorité que dégage son portrait peint à la même époque par Elias Gottlieb Haussmann où il tient en sa main droite un Canon triplex à six voix, les Variations canoniques, ouvrage de « science musicale », lui ouvrent l’accès à la Société Mizler fondée à Leipzig en 1738 par l’un de ses anciens élèves, Lorenz Mizler (1711-1778), professeur de philosophie à l’université. Elle avait pour but une réflexion sur la théorie et l’interprétation mathématique de la musique. Correspondant à l’équivalence numérique des lettres B.A.C.H. (2 + 1+ 3 + 8 = 14) J. S. Bach fut admis en juin 1747 - spéculation ou hasard ? - comme quatorzième membre de cette société d’académiciens.

     
      Dans le but d’obtenir la plus grande lisibilité dans cette géniale complexité d’écriture canonique, nous avons choisi d’enregistrer ces pièces, qui par ailleurs ne sont pas toujours flatteuses pour l’oreille, sur un orgue historique qui est placé dans une église présentant peu de réverbération. Entouré de la forêt de Thuringe, le village de Floh est situé à mi-chemin entre Eisenach et Arnstadt. Achevée en 1712 l’église, richement décorée, est l’un des plus beaux édifices du baroque rustique de cette région. L’orgue construit par Johann Markus Oestreich (1738-1833) d’Oberbimbach, le plus important représentant de sa famille de facteur d’orgues de cinq générations, fut érigé sur la seconde tribune ouest en juin 1789. Sa composition se démarque par une grande quantité de 8 et de 4 pieds. Sans compter la Flauto dolce 4 du Oberwerk ajoutée en 1851, douze sur les vingt-six jeux actuellement disponibles appartiennent à cette catégorie. Excepté ce jeu ajouté et les tuyaux en montre, qui furent démontés lors de la Grande Guerre en 1917, tous les tuyaux sont originaires de 1789. Ils sont accordés au tempérament de Werkmeister III, le La à 466,5 Hz à 15 °C est un demi-ton au-dessus du La moderne. L’instrument, qui n’avait subi que peu de modifications au fil des siècles mais qui était devenu injouable, fut remis en état puis restauré en 2008 par l’Orgelbau Waltershausen. Puisse ce CD, premier document sonore de l’instrument, contribuer à mieux reconnaître sa haute valeur artistique.


Helga Schauerte


English Translation

      In 1739, J.S. Bach had a collection of twenty-seven organ pieces engraved under the title: Third Part of the Keyboard Practice, consisting of various Preludes on catechism and other hymns, for the organ: prepared for music-lovers and particularly for connoisseurs of such work, for the revitalization of their spirits, by Johann Sebastian Bach, Royal Polish and Electoral Saxon Court Composer, Capellmeister and Director Chori Musici in Leipzig. Published by the Author. The collection contains twenty-one chorales and six free pieces. For each chorale, there is a version with pedal and a version without pedal.

     
      Following volume XI (chorales and free pieces pedaliter), the present volume XII of the complete organ works gathers exclusively the pieces manualiter of the collection. The chorale preludes are complemented by the 4-voice harmonies, which come from the collection Joh. Seb. Bach's vierstimmige Choralgesänge, posthumously edited by Joh. Phil. Kirnberger and Carl Philip Emmanuel Bach. The preludes on the German Kyrie, Gloria, Credo, and Pater noster followed by hymns related to baptism, confession of sins, and the sacrament are in the same order as that of the Lutheran catechism. Most of these short arrangements deal with the statement of the hymn in a fugal form. Only the preludes on “Aus tiefer Not” and “Jesus Christus, unser Heiland” are built on the entire hymn.

     
      In all of the chorale preludes, as in the four Duets, which in the recorded programming separate the German Kyrie and Gloria as well as the six chorales of the catechism, J. S. Bach demonstrated a supreme mastery of counterpoint. However, the complexity of his late linear style was considered excessive by his contemporaries, who accused the composer of including in his pieces too much contrapuntal floridity, resulting in the obscuring of the melodic material.

     
      It is true that after 1740 Bach was more and more interested in theoretical works and in the most rigorous and mathematical writing technique. In Some Canonical Variations on the Christmas Carol “Vom Himmel hoch, da komm ich her” (tracks 2 to 6), which he took care to have engraved in Nuremberg around 1747, he exhibited a technical and stylistic demonstration of the severe counterpoint. Strictly limited to the material that the cantus firmus presented him, the composer was driven by a thirst for linear construction, superimposed structure, the process of rhythmic increase and decrease, musical geometry, and an architecture of proportions. As in the authority emanating from his portrait painted at the same time by Elias Gottlieb Haussmann where he holds in his right hand a Canon triplex with six voices, the Canonical Variations, a work of "musical science,” gained him access to the Mizler Society. Founded in Leipzig in 1738 by one of his former pupils, Lorenz Mizler (1711-1778), professor of philosophy at the University, its purpose was to reflect on the theory and mathematical aspect of music. His name corresponding to the numerical equivalence of the letters BACH (2 + 1 + 3 + 8 = 14), J. S. Bach was admitted in June, 1747 - speculation or chance? - as the fourteenth member of this society of academicians.

     
      In order to obtain the most successful reading of this genial complexity of canonical writing, these pieces, which do not always provide easy listening, have been recorded on a historical organ which is located in a church with little reverberation. Surrounded by the Thuringian Forest, the village of Floh is located halfway between Eisenach and Arnstadt. Completed in 1712, the church, richly decorated, is one of the most beautiful rural baroque buildings of this region. The organ built by Johann Markus Oestreich (1738-1833) of Oberbimbach, the most important representative of his family of five generations of organ builders, was erected on the second western gallery in June 1789. Its disposition is noteworthy for its large number of 8’ and 4’ stops. Not including the Flauto Dolce 4’ added in 1851 to the Oberwerk, twelve of the twenty-six stops currently available belong to this category. Except for this added stop and the frontal pipes, which were dismantled during the Great War in 1917, all of the pipes date from 1789. The temperament of the organ is Werkmeister III; the pitch at 466.5 Hz at 15° C is a semitone above the modern a. The instrument, which had undergone few changes over the centuries but had become unplayable, was restored in 2008 by Orgelbau Waltershausen. May this CD, the first sound document of the instrument, assist in publicizing its high artistic value.

Helga Schauerte


Deutsche Übersetzung


      Im Jahre 1739 hat J. S. Bach eine Sammlung von 27 Orgelstücken unter folgendem Titel drucken lassen: Dritter Teil der Clavier Übung bestehend aus verschiedenen Vorspielen über die Catechismus- und andere Gesänge, für die Orgel: Denen Liebhabern, und besonders denen Kennern von dergleichen Arbeit, zur Gemüths Ergezung verfertigt von Johann Sebastian Bach, Koenigl. Pohlnischen, und Churfürstl. Saechs. Hoff- Composieur, Capellmeister, und Directore Chori Musici in Leipzig. In Verlegung des Autoris. Die Sammlung enthält 21 Choralvorspiele und sechs freie Stücke. Für jeden Choral gibt es eine Bearbeitung mit und eine Bearbeitung ohne Verwendung des Pedal.

     
      Nach Band XI (Choräle und freie Stücke pedaliter) enthält der vorliegende Band XII der Gesamteinspielung ausschließlich die Manualiter-Stücke der Sammlung. Die Choralvorspiele werden durch die entsprechenden Choralsätze aus der posthum von Phil. Kirnberger und Carl Philip Emmanuel Bach herausgegebenen Sammlung Joh. Seb. Bachs vierstimmige Choralgesänge ergänzt. Die Anordnung der Stücke, das deutsche Kyrie, Gloria, Credo, Pater noster sowie die Choräle zur Taufe, Beichte und zum Abendmahl, entspricht ihrer Reihenfolge im lutherischen Katechismus. Die meisten der kurzgefassten Stücke bearbeiten in fugierter Form nur die erste Liedzeile des Chorals. Lediglich die Choralvorspiele Aus tiefer Not und Jesus Christus, unser Heiland verwenden die vollständige Liedmelodie.

     
      Bei allen Choralvorspielen, sowie bei den vier Duetten, die in der auf der Cd gewählten Programmfolge Kyrie, Gloria sowie die sechs Choräle voneinander abgrenzen, zeigt Bach sein außerordentliches Geschick in der Beherrschung des Kontrapunkts. Die Komplexität seines späten kontrapunktischen Musikstils wird von seinen Zeitgenossen als übertrieben angesehen. Man beklagt die Schwulstigkeit seiner Musikstücke und wirft dem Komponisten kontrapunktische Obskurität und Strenge vor.

     
      In der Tat interessierte sich Bach nach 1740 zunehmend für Kompositionen gelehrten Charakters bzw für die strenge Polyphonie. In dem fünfteiligen Zyklus Einige kanonische Veränderungen über das Weihnachtslied „Vom Himmel hoch, da komm ich her“ (Track 2-6), den er um 1747 in Nürnberg drucken ließ, zeigt sich die Quintessenz seiner hohen Kunstfertigkeit im strengen Kontrapunkt. Der Komponist beschränkt sich ganz auf das Material, das ihm vom cantus firmus vorgegeben wird, verdichtet das lineare Gestaltungsprinzip, verschachtelt die Themen übereinander, vergrößert oder verkleinert ihre Strukturen, schafft geometrische Strukturen und beachtet die Proportionen. Zusammen mit dem zeitgleich von Elias Gottlieb Haussmann gemalten Portrait, das mit dem sechsstimmigen Canon triplex in seiner Rechten große Autorität und Achtung ausstrahlt, erhält Bach mit seinen „Kanonischen Veränderungen“ Zugang zur Mizler-Gesellschaft, die 1738 in Leipzig von einem seiner ehemaligen Schüler, Lorenz Mizler (1711-1778), Professor für Philosophie an der dortigen Universität, gegründet worden war. Zum Ziel dieser Gesellschaft gehörte es, über die Theorie bzw die mathematische Auslegung der Musik zu nachzudenken. Entsprechend der numerischen Äquivalenz der Buchstaben B.A.C.H. (2 + 1 + 3 + 8 = 14) wurde J. S. Bach im Juni 1747 - Spekulation oder Zufall? - als vierzehntes Mitglied in diese hochangesehene akademische Gesellschaft aufgenommen.

     
      Im Bestreben, eine größtmögliche Lesbarkeit der genialen Komplexität der kanonischen Struktur zu gewährleisten, wurden die vorliegenden, nicht immer dem Ohr schmeichelnden Musikstücke absichtlich auf einer historischen Orgel mit wenig Raumnachhall aufgenommen. Am Fuße des Thüringer Waldes liegt der Ort Floh auf halber Strecke zwischen Eisenach und Arnstadt. Die ungewöhnlich reich verzierte Kirche wurde 1712 fertiggestellt; sie zählt zu den schönsten ländlichen Barockbauten dieser Gegend. Die Orgel von Johann Markus Oestreich (1738-1833) von Oberbimbach, dem wichtigsten Vertreter der in fünf Generationen vertretenen Orgelbauerfamilie, wurde im Juni 1789 auf der zweiten Westempore installiert. Ihre Disposition zeichnet sich im Wesentlichen durch eine große Anzahl von Registern in der 8- und 4-Fuß-Lage aus. Ohne die 1851 im Oberwerk hinzugefügte Flauto dolce 4, gehören zwölf der derzeit verfügbaren 26 Register dieser Kategorie an. Mit Ausnahme dieses nachträglich hinzugefügten Registers sowie der Prinzipalpfeifen, die im Jahr 1917 zu Kriegszwecken abgegeben werden mussten, sind sämtliche Orgelpfeifen von 1789. Sie wurden nach Werckmeister III auf die Tonhöhe 466,5 Hz bei 15 ° C einen Halbton über dem modernen a1 gestimmt. Das Instrument, das im Laufe der Jahrhunderte nur wenige Veränderungen erfahren hatte aber unspielbar geworden war, wurde 2008 von Orgelbau Waltershausen instand gesetzt und restauriert. Möge diese Cd-Ersteinspielung der Orgel dazu beitragen, den hohen künstlerischen Wert des Instrumentes bekannter zu machen.


Helga Schauerte